Au menu: 5 astuces pour une alimentation durable

Au menu: 5 astuces pour une alimentation durable


Le mouvement environnemental a pris beaucoup d’ampleur ces dernières années partout sur la planète et les Québécois suivent la tendance. Pour plusieurs, il est impératif de remettre en doute certaines façons de faire. À l’origine de 25 % des émissions totales de gaz à effet de serre (GES) créés par les humains, le système agroalimentaire en fait partie. Nos systèmes alimentaires, pratiques agricoles et d’élevage peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé environnementale de notre planète : dégradation des sols et des écosystèmes, réduction de la biodiversité et utilisation excessive d’eau douce. Comme on est tous des consommateurs d’aliments provenant de ces système, chacun d’entre nous a une certaine responsabilité environnementale.


Qu’est-ce que l’alimentation durable? 


L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) propose cette définition: « Les régimes durables sont nutritionnellement adéquats, sains, respectueux envers la biodiversité et les écosystèmes, culturellement acceptables, accessibles, économiquement équitables et abordables… ». Les déterminants pour une alimentation écologiquement durable sont nombreux et très complexes. Lorsqu'on regarde le tout sur le plan individuel, il devient évident que ce qu’on choisit de mettre dans notre assiette peut avoir des impacts considérables sur l’environnement. Après tout, on mange au moins 3 fois par jour, 365 jours par année!


Un rapport publié en juillet dernier par Les Diététistes du Canada offre plusieurs stratégies pratiques afin d’optimiser ces choix alimentaires pour un régime durable. Voici 5 messages clés à retenir:

 

1. Privilégier une alimentation principalement à base de plantes et réduire ses apports en viande


Lorsqu’on pense tendances alimentaires du moment, ce sont assurément les régimes végétariens et végétaliens qui nous viennent en tête. L’Académie de Nutrition et de Diététique considère qu’une alimentation principalement composée de plantes, bien planifiée et adéquate en termes d’énergie peut avoir des impacts positifs sur la santé. Celle-ci est également un incontournable pour un alimentation plus durable. La littérature suggère que le fait de favoriser les protéines végétales constituerait l'une des actions pro-environnement les plus efficaces. En effet, l’industrie de l’élevage occupe 75 % des terres agricoles et produit la moitié de toutes les émissions de GES de tout le secteur agricole. 


Dans le rapport le plus récent du World Resources Institute (Creating a Sustainable Food Future), on associe l’empreinte carbone la plus élevée au secteur de l’agriculture et de l’élevage, spécifiquement celui de la viande rouge provenant des ruminants (bœuf, veau, chèvre, etc.). En raison de la production et de la transformation des aliments pour animaux (ce qui inclut la déforestation pour l'utilisation des terres), du méthane rejeté par les ruminants, du stockage du fumier, de l'utilisation des terres et de l'eau, le bœuf est la production la plus polluante du secteur de l’élevage en agriculture. 



Voici quelques astuces pour diminuer sa consommation de viande et choisir des protéines végétales plus souvent : 

  • Lundi sans Viande! Pourquoi ne pas adhérer à ce mouvement québécois? Une belle façon de s’initier aux protéines végétales!
  • Découvrir des recettes végétariennes en ligne ou dans des livres de recettes.
  • Troquer une partie de la viande intégrée aux plats traditionnels par des légumineuses. La sauce bolognaise est parfaite composée d’une moitié de bœuf et d’une moitié de lentilles.
  • Assaisonner ses protéines végétales. Un tofu érable et moutarde de Dijon est tout aussi délicieux qu’un filet de porc apprêté de cette façon. 
  • Manger davantage de noix, de graines et de grains entiers. Ces aliments apportent, eux aussi, des protéines!

2. Consommer des fruits et légumes de saison préférablement locaux 

Manger des végétaux locaux en saison contribue à la protection de l’environnement, en plus d’encourager nos maraîchers québécois. Selon l’organisme Équiterre, les fruits et légumes provenant de l’extérieur de la province voyagent en moyenne 3000 km avant d’arriver dans notre assiette. Quelques exemples: les oranges de la Florides (2500 km), les avocats du Mexique (3500 km), des pommes du Chili (9500 km) et des asperges du Pérou (6000 km)… 


Voici quelques astuces pour manger local:

  • Visiter le https://mangezquebec.com/fr/calendrier-des-arrivages/ pour y découvrir les divers arrivages des végétaux en saison et planifier achats et repas. 
  • Profiter des nombreux paniers offerts par les producteurs locaux et de l’accessibilité des marchés publics.  Il est très intéressant d’échanger avec les commerçants sur place! 
  • Rechercher le logo « Aliments du Québec » sur l’emballage des produits en supermarchés.

 

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3. Diminuer le gaspillage alimentaire

Chaque année, on estime qu’un tiers de tous les aliments produits dans le monde sont perdus ou jetés entre la ferme et la fourchette du consommateur! Une revue littéraire publiée en 2020 a conclu que dans les pays industrialisés comme le Canada, le gaspillage se produit au niveau de la vente au détail et de la consommation, mais est surtout occasionné par les consommateurs.  On achète un surplus de nourriture, on en prépare trop et on ne réutilise pas tous nos restants. Les légumes et fruits, les surplus de table, le pain et produits de boulangerie, les produits laitiers et les oeufs sont les denrées que les Canadiens gaspillent le plus. On estime que 63 % de ces aliments aurait pu être consommés.


Plusieurs astuces anti-gaspillage peuvent être mises en place:

 a. Planifier :

  • Décider du menu pour 5 ou 6 repas de la semaine. Le fait de se garder une petite souplesse permettra d’adapter si des changements à l’horaire familial se présentent;
  • Écrire clairement votre plan sur un tableau et l’épingler au réfrigérateur;
  • Dresser une liste d’épicerie en évaluant les quantités nécessaires et en tenant compte des aliments à la maison. Cela permettra d’éviter les achats en double ou les aliments superflus;
  • Planifier un repas « vide-frigo » par semaine afin d’utiliser les aliments restants.

 b. Organiser le frigo pour faire en sorte que la nourriture se conserve plus longuement. Le https://lovefoodhatewaste.ca/fr/conservez/guide-du-frigo/ rassemble des informations pertinentes sur le sujet.Image par : Jaime manger pas gaspiller. Guide du frigo. (2018). Pris le 4 octobre, 2020, de https://lovefoodhatewaste.ca/fr/conservez/guide-du-frigo/

 

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 c. Conserver de façon plus adéquate les fruits & légumes:

  • Les laver uniquement avant leur consommation; 
  • Pour les légumes qui auraient été trop cuits ou qui seraient trop matures, préparer un potage en passant le tout au mélanger avec du bouillon;
  • Pour les légumes fanés ou crudités moins croustillantes, il suffit de les tremper dans l’eau glacée pendant 5 à 10 minutes pour les revigorer;
  • Congeler les fruits (sans leur pelure épaisse et placés dans un contenant hermétique) et légumes (blanchis, coupés en morceaux, égouttés et placés dans un contenant hermétique) pour faire des délicieux smoothies et potages.

4. Choisir du poisson certifié

Le poisson devrait se retrouver au menu au 2 fois par semaine. Il apporte notamment des protéines, de bons gras (oméga-3), du sélénium et plusieurs autres nutriments essentiels à la santé globale. Toutefois, si on analyse le tout d’un point de vue environnemental, il faut prendre conscience que certains poissons sont à limiter et même à éviter en raison des préoccupations liées à la surpêche et à l'aquaculture commerciales.


Afin de faire des choix plus respectueux pour l’environnement, il existe différents outils et logos pour guider les consommateurs. Le Menu Bleu Marin de la Sépaq est un guide de consommation des produits de la mer qui ont été évalués par le programme « Seafood Watch » de l’Aquarium de Monterey Bay. Ce guide est pratique et simple à utiliser. Visiter le https://www.sepaq.com/dotAsset/2796022.pdf pour la liste complète. 


De plus, les produits qui portent des logos comme Ocean Wise, Pêches Durable MSC et Farmed Responsibility ASC représentent de bons choix. 

 

 

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Minimisant le transport et stimulant l’économie locale, consommer des poissons ou des fruits de mer du Québec est également une stratégie favorable pour l’environnement. La Fourchette Bleue, un organisme encourageant la saine gestion des ressources marines du fleuve Saint-Laurent, est un outil intéressant: http://exploramer.qc.ca/liste-des-especes-marines-valorisees-par-fourchette-bleue/.

 

5. Limiter sa consommation d'aliments ultra-transformés

Limiter la consommation d'aliments hautement transformés est non seulement bénéfique pour la santé, mais il s’agit aussi d’une bonne stratégie pour protéger l'environnement. Cuisiner davantage et acheter moins de produits ultra-transformés peut à la fois réduire l'utilisation des ressources naturelles liées à la transformation (utilisation d’eau et émissions de GES), diminuer l'accumulation de déchets nocifs (emballages en plastique) et ainsi la destruction des écosystèmes. 


À retenir pour un prochain passage en supermarchés!

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